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Archive for avril 2010

Ca sent la friture (et la coupe?)

C’est le genre de truc qui est arrivé trop peu dans le parcours aride des jeunes partisans du Canadiens de Mourial. Un septième match entre le meilleur club au classement général et le 19e, une tentative ultime pour le trois couleurs de la métropole de causer une surprise immense.

Ben étant sur un coup fumant niveau mademoiselle, selon ses humbles dires, et Mike passant la soirée avec sa blonde (j’ai l’impression que ça ne va pas très fort depuis l’Incident), je me retrouvais improbablement seul pour regarder le match de la Sainte Flanelle.

Je suis donc allé dans un vieux resto de smoked meat sur la Rive-Sud où mon père m’amenait lorsque j’étais plus jeune. J’ai filé là tout de suite après le travail, affrontant le lourd trafic qui sévissait sur Pierre Laporte. J’ai pris quelques minutes pour me promener dans mon ancien quartier, j’ai même passé devant la maison de mes parents.

Puis je suis allé au snack bar. Je suis à peine pénétré dans le resto que l’odeur familière de la friture me prend aux narines. Immédiatement, j’ai une tonne d’images qui me viennent en tête. Moi, assis sur le comptoir pendant que mon père dîne en lisant son Journal de Québec, mon frère qui reçoit une mite de baseball alors que nous étions venus souper pour sa fête de 12 ans, moi qui venais faire mes devoirs de math après l’école, à moitié pour parler à Jacques, le proprio, à moitié pour ne pas retourner chez moi.

Je prends place sur un des bancs au comptoir, près de la vieille télévision au son tremblotant et à l’image un peu pâle, cachée sous les résidus d’huile et souffrant du rayon cathodique affaibli par les années. Déjà, on parle du match à venir et l’excitation est palpable dans la voix des animateurs.

Jacques finit par m’apercevoir, il vient me parler, prend des nouvelles de moi et de mon père. Je lui commande une draft, c’est toujours ce que mon père prenait, une draft avec du sel. Je la sirote en observant l’endroit. Outre la clientèle un peu plus disparate, rien n’a vraiment changé. Il y a les mêmes napperons carottés, les mêmes vieilles tables de bois, plancher craquant, posters jaunis.

Je demande un smoked meat jumbo garni avec fromage suisse. Plus jeune, je prenais toujours le régulier garni avec fromage suisse. J’imagine que c’est un peu comme ça que l’on sait qu’on vieillit, quand les smoked meat, comme les problèmes, deviennent jumbo.

Je mange lentement tandis que le match commence. Nous sommes quelques personnes à regarder le match sur place, tous des hommes pour la plupart bien plus âgés que moi. On me taquine un peu, on m’appelle le jeune, le fils à Gilles aussi, un peu. Le Habs finit par marquer, Marc-André Bergeron à l’aide d’un lancer frappé vif déjoue le gardien adverse en avantage numérique. Explosion de joie, accolades familières entre étrangers.

Les fans de sports sont souvent superstitieux. Au snack, on évite de parler de l,éventualité d’une victoire, de l’avance de 1-0 de Montréal. On reste concentré, focussé sur la victoire des nôtres. On commande une autre bière, on se fait du pop corn et on attend.

Le Canadien finit par prendre une avance de 2-0. On commence à y croire, un comeback grandiose des Glorieux. Les vieux qui sont les premiers à parler de l’époque de Lafleur et pourfendre le salaire des joueurs sont là, rivés à l’écran, se rongeant les ongles. J’aime ça.

Washington porte la marque à 2-1. La nervosité augmente d’un cran, les dernières minutes seront infiniment longues, d’autant plus que Montréal prend une punition. Ça crie fort dans le resto, ça grogne et vocifère, invectivant les joueurs pour la moindre bourde, acclamant avec ardeur tous les dégagements réussis. Le match se termine finalement, on à peine à y croire, le hockey printanier se poursuit donc!!

Je retourne donc à la maison, le cœur léger, écoutant les lignes ouvertes où les partisans sont en liesse et rêvent à la Stanley.

Prochaine ronde? Montréal en 6, qu’est-ce que vous pensez.

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Catégories :Anecdote, Hockey

Ma première fois, parce que fuck les titres à 3 heures du matin

Ça faisait un moment déjà que je n’avais pas été rôder dans les catacombes louches de la séduction que sont les sites de rencontre où je m’étais inscrit le temps d’un égarement. Mais ce soir, la température ne m’inspirait guère au jogging, ma solitude était dense et mon ennui total. Je me suis ouvert un cabernet et allumé un pétard surhumecté parce que trop sec pour ensuite plonger dans le bassin trouble des dames des zinternets.

Je cliquais donc avec l’entrain d’un jeune prépubère trop pourvu en gamètes, sautant d’une fiche à l’autre comme on le ferait avec les paragraphes d’un roman un peu trop long et beaucoup trop mauvais. Puis j’ai avalé un peu de travers, cligné frénétiquement des yeux : j’avais devant moi la fille qui m’avait défloré.

J’ai tout lu, évidemment. Les banalités d’usage déclinées sans trop d’originalité si ce n’est que celle des fautes d’orthographe novatrices. Je suis lentement parti dans mes souvenirs de cette première fois, réalisant un peu à regret la vivacité persistante de ma mémoire quant à cette soirée d’antiprestige.

C’est curieux quand même la première baise, cette culmination de plusieurs années de questionnements hormonaux. Curieux la différence de perception d’un sexe à l’autre. Pour les filles, j’ai l’impression qu’elles sont censées attendre le bon gars, offrir leur hymen à un preux chevalier qui aurait su combattre de multiples dragons afin d’obtenir la cerise convoitée. Tandis que pour les garçons, il s’agit plus d’une quête de tous les instants, la recherche incessante d’une occasion pour finalement se déclarer membre du club des pinceaux trempés.

Toujours est-il que j’ai fait ça dans un party tout ce qu’il y a de plus viscéralement cliché. Plusieurs adolescents qui se ramassent dans un chalet cossu de parents un peu je-m’en-foutistes à boire des quilles de bières 10%, à tousser à s’en cracher les poumons en fumant leurs premiers joints roulés maladroitement et à écouter du ska sur les haut-parleurs qui grichent d’un vieux système de son.

J’étais ce garçon un peu timide à l’époque, réservé et résolument nerd. J’étais là à profiter de la soirée en faisant abstraction tant bien que mal de l’omniprésence oppressante des soucis que pouvait me causer mon phallus encore intouché. Est arrivé le stade d’ébriété où la mobilité demeure complète mais où l’esprit se met à divaguer. Cette zone où je perdais mes inhibitions et devenais un petit garçon bien comique.

Il y avait donc cette fille un peu plus âgée. Grande et mince, elle avait une longue chevelure noir ébène, une poitrine voluptueuse et des yeux rougis par le pot en tabarnac. Elle affichait cette confiance qui me faisait fondre et qui m’aurait d’ordinaire figé. J’avais pourtant foncé si bien que nous nous étions retrouvés dans une chambre à l’étage. Il y avait un immense poster de Samantha Fox et la porte n’avait pas de verrou. C’est tout ce que j’arrivais à me dire. Fuck, je baise sous un poster de Samantha Fox et n’importe qui peut rentrer. Ça pis fuck, il faut que je tough le plus longtemps possible. Tsé.

Elle m’a demandé si c’était ma première fois et j’ai dit non hein, qu’est-ce que vous pensez. Ça a été ordinaire. Bref et ordinaire. Le souffle court, les avant-bras qui shakent, le mollet qui menace d’avoir une crampe à tout moment. Trop peu de minutes et c’était terminé. J’étais devenu un homme comme ça, l’espace de quelques coups de bassin mal avisés.

Je ne l’avais jamais revu avant aujourd’hui.

Je me suis demandé ce qu’elle est devenue, se souvient-elle seulement de qui je suis, qu’était-ce pour elle que ce moment partagé dans ce chalet du Lac Beauport. J’ai presque eu le goût de la contacter, pour savoir ce qu’elle était devenue, je ne sais pas moi.

Sauf que j’ai préféré prendre une autre longue rasade de mon vin et j’ai cliqué sur une autre fiche. Parce qu’il y a de ces trucs qu’on préfère ne pas trop savoir.

Catégories :Anecdote

Les plus grands plaisirs sont les plus brefs

Ça a terminé abruptement. Un jour, j’avais l’impression d’effleurer à tâtons un frêle bonheur et le lendemain, je tentais de m’accrocher, fouettant le vide de grands gestes désespérés, essayant de m’agripper aux parois oléiformes de mes naïfs espoirs déçus.

Je suis toujours foudroyé par la vitesse à laquelle des liens se créent. Abasourdi par la rapidité à laquelle je deviens esclave de mes feelings, tributaires des joies et peines d’une fille que je connais ridiculement peu.

C’est toujours un peu le même parcours. Je ne me pose pas vraiment de question au départ, tétanisé par ces papillotements que sont ceux de l’attirance, content simplement de voir que je suis encore capable d’échapper aux affres du blasement l’espace de quelque temps.

C’est ce qui est survenu avec Ariane. Un tourbillon dense dans lequel j’ai décidé de pénétrer candidement, plongeant sans trop prendre mon souffle puisqu’elle me l’avait coupé, comme ça. Ce fut rapide, fulgurant.

Ça été les longues marches le long du fleuve, des feux de camp pas trop sécuritaires dans le boisé près de chez nous, le sexe dans l’arrière-boutique où elle travaille, des snoozes à répétition le matin parce que tsé, juste 8 minutes, 8 minutes encore dans ses bras.

Ça été aussi le flasque subtile d’alcool fort dans un petit cinéma puis la fellation dans un petit cinéma parce qu’il y avait un film plate au petit cinéma. Et puis ça a été les soupers aux mets brûlés puisqu’on buvait et discutait ailleurs. Les nuits blanches chéries, les bâillements voluptueux lorsque les journées passent trop lentement au boulot, les silences savourés et le bien-être dégusté.

Et puis ça a terminé dans tout ce qu’il y a de plus soudain. La session universitaire terminée, elle devait retourner dans son patelin d’Abitibi. Sans que ça aille été annoncé auparavant, j’étais mis devant le fait accompli. « Salut, je m’en vais. À dans quatre mois? »

Je sais pas, j’ai trouvé ça dommage, mais bon, la vie continue, hein?

La solitude des goûts louches

Je n’ai rien d’un littéraire. Je m’en étais rendu compte lors de ma seule session universitaire en littérature. Ç’avait été un étrange constat, froid et implacable. Je n’avais que faire de la prose archaïque qui excitait pourtant mes chérubins de collègues d’époque. Je me foutais bien de l’étude des courants et puis fuck, Marcel Proust c’est de la marde.

Sauf que pour mon entourage, je suis un bizarre qui lit. Je suis de ces singuliers à qui il ne rebute pas de s’emmitoufler une fois seul dans son appartement pour dévorer un roman acheté avec soin dans une bouquinerie poussiéreuse.

Je peux passer des heures à errer sur Amazon, à lire des résumés et des critiques, visionner des top 25 et prendre des notes pour des lectures futures. Sauf que voilà, la littérature française m’emmerde infiniment, je ne lis rien de cool qui pourrait se ploguer entre deux gorgées de champagne dans un 5 à 7 branchouillard. Je n’aime pas ça moi du Marquez et James Joyce peut bien me léchouiller les testicules.

Je suis donc dans une zone grise. Rat de bibliothèque pour mes amis pour qui un bouquin est un abject artefact et vulgaire mortel pour les amateurs de la littérature avec un grand L et la bouche en cul de poule.

J’ai l’impression d’être le seul dummy de mon équipe, le seul à lire des trucs américains plutôt qu’européens, à avoir braillé comme une fillette en lisant du Steinbeck ou à vouloir donner le Nobel à Philip Roth. J’écoute le combat des livres à Christiane Charrette et je commence à croire que je suis le seul qui pense encore qu’un livre sert avant tout à raconter une histoire, à avoir du fun.

Et c’est la même chose pour une tonne de trucs. La politique, la cuisine, les films. Je suis toujours à cheval entre les autos proclamées cools qui parfois semblent aimer des trucs sans même savoir pourquoi, juste parce qu’on leur a dit que c’était bon, et les autres pour qui ces choses ne revêtent pas d’intérêt particulier.

Pis je sais pas, à la longue, à force d’être seul à aimer certains trucs, ça donne l’impression d’avoir des goûts de marde ou de manquer de jugement. Au moins, la compétition est moins féroce pour les filles que je convoite.

Top 5 des tounes de chansonnier

Parmi les plaisirs alcoolisés de mon éparse existence, mis à part l’engloutissement grossier de poutine et la perte systématique de parties onlines d’NHL 2010, il y a le chant à s’en déchirer le gosier dans les bars de chansonniers. Honnis par les amateurs du néo-saint boum boum, les bars de gratteux de guit’ ont la côte dans le cœur des buveurs compulsifs et crasseux de cervoises à température variable tel que moi.

Il n’est donc pas rare que lorsque la grisaille me turlupine, mes pas d’errant déprimé me mènent inconsciemment dans un des quelques bars de chansonnier de la ville. Je commande fiévreusement de l’alcool et après un solo de péristaltisme œsophagien effréné à grands coups de chopes vidées, je suis soul comme une criss de botte et j’ajoute ma voix rocailleuse à la chorale frelatée de l’endroit qui entonne sans fin les hymnes d’occasion.

Ainsi, pour tous les amateurs de Cœur de loup et de fucking Femmes libérées même si ont est calissement plus capable de les entendre, top 5 de chansons de bars de chansonniers. Oui oui m’sieur dame pis les autres combinaisons de génitalité qui existent.

5 – Joe Dassin – On s’est aimé comme on se quitte : Parce que comme toutes les autres chansons du top 5, le refrain se gueule bien en sacrament. Et puis parce qu’il y a cette fille à qui je songe toujours, avec toujours les mêmes petits regrets qui me font crier à quelques décibels supplémentaires.

4 – Barbara – L’aigle noir : Immanquablement, lorsque je suis avec des amis, on finit par crier sans vergogne entre les chansons pour réclamer avec insistance cette pièce fucking phare. Et puis très souvent, notre requête est remplie. Pis ben, on chante fort. Comme vraiment fort.

3 – Les BB – Tu ne sauras jamais : Sans doute le point culminant de la carrière de Patrick Bourgeois (Tu oublies Fa Si La chanter que j’entends déjà crier les nombreux fans). Un classique toujours apprécié. Mention honorable à Pourquoi t’es dans la lune.

2 – Éric Lapointe – Terre promise : C’était avant qu’Éric le dwarf se mette à chanter 43 tounes qui racontent un peu la même histoire, un truc qui sonne. Je suis le passager clandestin à qui les cocus parlent avec leurs poings. Fuck oui.

1 – Christophe – Aline : Meilleur refrain à gueuler ever. C’est tout ce qu’on demande.

Catégories :Top 5

Les joies de routine

C’est étrange d’écrire lorsque l’on est bien. J’ai l’impression d’écrire un solo de piètres platitudes et d’enfiler les formules convenues, aseptisées parce que surutilisées. Il y a quelque chose d’un peu déprimant dans l’implacable réalisation que le monotone est souvent l’apanage du bonheur. Oui, j’tun ingrat.

Toujours est-il que je ne sais pas trop quoi dire, justement, parce que c’était super. J’ai revu Arianne vendredi et puis, bien, c’était vraiment plaisant. On dirait que je n’ose pas trop l’affirmer ou en parler. Peut-être par pudeur, peut-être parce que j’aurais peur de briser quelque chose, je sais pas, par superstition.

On s’est rejoint au même café que la semaine dernière, on ne s’était pas vraiment parlé de la semaine, même pas par l’entremise des routeurs, c’était bizarre. Mais la glace s’est brisée rapidement.

On a décidé d’aller marcher dans le Vieux. Elle avait froid et j’étais quasi stressé de lui passer mon bras sur l’épaule, un vrai adolescent. On s’est promené longtemps, en parlant de plusieurs trucs et en faisant attention de ne pas marcher sur les lignes du trottoir, des vrais enfants. Il y avait des longs silences aussi et puis elle ne sentait pas le besoin de dire quoi que ce soit ou de dire « hi lala » constamment comme trop de filles. C’était juste… fluide.

Le froid était envahissant, j’avais le bout des doigts qui picotait et les orteils qui s’engourdissaient. Sauf que je ne disais rien, je voulais que le moment dure, comme le gars qui a le bras complètement écrasé et qui ne dit mot la première fois qu’il dort avec sa première blonde et qui n’ose pas bouger pour ne pas la réveiller.

On a fini par aller chez elle, où l’on a regardé la télé un peu nonchalamment, en riant des clowns de service à Big Brother et en roupillant sur un truc underground à ARTV. L’aube est arrivée sans crier gare, elle travaillait tôt donc je suis parti pour retourner dormir chez moi. Et là j’avance à tâtons, je ne sais vraiment pas où tout ça s’en va.

Catégories :La fille au routeur

Carencé en plan B

L’objectif 2 me gosse. Je n’aime pas mon emploi, c’est clair. Les tâches sont abrutissantes, l’équipe de travail est pitoyable et la recherche constante du strict minimum nécessaire m’exaspère. Donc je veux changer de boulot, c’est zévident.

Sauf que je n’ai pas d’option. Je ne sais pas quoi faire, je suis dans un bourbier profond qui me déprime. Je veux changer mais je n’ai aucune idée de ce qui me plairait. Je suis carencé en plan B.

J’ai l’impression de ne pas avoir de passion. J’aime plusieurs trucs mais je n’ai rien qui vient me chercher de façon folle. J’aimerais ça avoir une ferveur intense, quelque chose qui meublerait mon quotidien et qui m’absorberait, qui ferait en sorte que je ne verrais plus le temps passer. Juste un truc qui mettrait fin à mon sempiternel marasme, au pire.

Sauf que c’est le calme plat, j’ai les mains vides pis plein d’autres locutions de gars qui trouve sa vie marde. J’attends toujours béatement l’épiphanie qui me fera aimer la poterie ou qui me donnera le goût de suivre une formation qui mènerait à un emploi.

En attendant, je retourne à mes rapports trimestriels.

Yo

Catégories :Objectif 2