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Archive for septembre 2010

Apesanteur

septembre 29, 2010 8 commentaires

Lorsque j’étais jeune, je voulais devenir journaliste. Au party de Noël, lorsque mes oncles et tantes me demandaient ce que je voulais faire plus tard, je répondais journaliste comme un seul homme. Politique, sports, culture, je ne savais pas ce dont je traiterais, mais j’allais être journaliste.

Puis début secondaire, je voulais devenir politicien. Je venais de lire sur Franklin Roosevelt et Winston Churchill, voilà tout ce que je peux présenter comme défense pour cette errance.

Après coup, je me suis dispersé. Je me suis vu auteur, prof de français, actuaire, animateur radio, libraire. Je butinais de futur en futur sans jamais me poser, trop peureux pour faire un choix sans doute, faussement repu dans mon quotidien anthracite, me contentant de suivre la voie mitoyenne comme une ostie de marde.

Et quand je regarde les gens autour, ceux qui lentement fondent une famille, ceux qui génèrent des ROI de 15% et des Loss Ratio de 45%, les gens qui se marient, ceux qui créent, qui foisonnent, ces gens-là font quelque chose de durable. Or je n’ai pas cette impression, celle d’accomplir quelque chose de concret. Il me faut alors au moins être heureux au quotidien.

Car c’est un peu le fardeau que je me mets, ce devoir d’au moins être heureux. Autrement, que me reste-t-il si ce n’est que la contemplation de ma vie triviale? Que subsiste-t-il d’une existence banale mis à part l’empreinte du bonheur au quotidien? À défaut de transcender d’une quelconque façon, j’ai l’impression d’être condamné à être heureux pour échapper à la conclusion d’une vie gâchée.

J’ai de la difficulté à échapper à l’angoisse abyssale d’une vie vide. Je suis en chute libre et je peine à m’agripper. La quête du bonheur m’étouffe, je cherche toujours ma propre définition de celui-ci et le temps file à vive allure, ça me fige.

Je me dis parfois que le mal de notre ère, c’est que nous avons de trop grandes attentes pour nos vies. On nous hype la vie depuis notre tendre enfance et quand t’arrives à l’âge adulte, c’est juste… ordinaire. Normal. Banal. Forcément, on est amené à être déçu et ça risque d’aller en empirant puisqu’il faut toujours faire plus, réaliser plus, être plus big. Et ça n’arrive pas. Le gap entre ce qu’on nous présente comme une vie réussie et la vie réelle s’agrandit à chaque jour.

Alors être heureux au quotidien,hein.

Le Coup

septembre 28, 2010 8 commentaires

J’avais décidé qu’il fallait que cesse l’inertie de mon chum Mike. J’en avais assez de le voir être aussi morose, soupirant à longueur de soirée, la bouche pendante, le regard vaseux.

Hier soir donc, j’ai échangé quelques messages textes avec Marianne, une amie de Marie que j’ai fréquentée brièvement plus tôt dans l’année. Lors d’un souper chez Mike et Marie, ils nous avaient semi-matché de façon fort éhontée (y a-t-il seulement d’autres façons, je vous le demande jeunes gens).

D’ordinaire, j’ai tendance à retirer les numéros de téléphone de fréquentations passées de mon cellulaire. C’est une sorte d’auto-protection que je me suis donné afin de m’éviter le misérabilisme du drunk texting, la quête cosmétique en 140 caractères d’une fille avec qui copuler, les petits coups de pouce pour s’éviter les coups de poignet, les excuses larmoyantes ou les pointes revanchardes. De même, j’essaie de retirer les adresses courriel de mon carnet pour m’épargner la lourde honte d’emails réactionnaires en pleine nuit. Sauf que cette fois-là, à mon soulagement, j’avais étrangement dérogé aux procédures que je m’imposais.

Alors, je prends contact avec Marianne. Évidemment, elle est au courant de la situation et accepte de m’aider.

Sur mon heure de dîner aujourd’hui, j’appelle Mike à son boulot. Je prends un ton un peu pressé et lui explique que je viens d’avoir une promotion que j’espérais depuis un bout, qu’il faut impérativement aller célébrer ça. Je ne lui laisse pas le choix, c’est moi qui invite que je lui dis en glissant que je passerais le chercher à l’appart’ après ma journée de travail.

De son côté, Marianne appelle Marie en pleurs et en maudissant les hommes. Elle lui explique qu’un salaud a joué avec elle encore une fois et elle lui dit qu’elle aurait besoin de parler. Marie, le cœur sur la main, accepte qu’elles se voient. Marianne lui donne donc rendez-vous à un restaurant préétabli.

En fin d’après-midi, le dynamique duo que nous formons se coordonne tranquillement tout en se congratulant mutuellement de nos performances d’acteurs au téléphone et du succès jusque-là de ce que nous avions baptisé Le Coup.

Comme prévu, je passe chercher Mike à l’appart et tandis que je l’attends dans la voiture, je reçois le o.k. pour me diriger vers le restaurant. Arrivés sur place, on va s’assoir au bar et je prétexte une envie pressante pour m’éclipser en direction des toilettes. Hors de la vue de mon comparse, je bifurque vers la sortie pour aller rejoindre Marianne qui m’attendait derrière l’établissement depuis quelques minutes, elle aussi supposément à la toilette.

Rendu là, on appelle chacun notre ami pour lui annoncer qu’ils sont en présences un de l’autre et qu’on les incite fortement à se jaser. On raccroche sans plus de cérémonie, en se croisant les doigts.

Après coup, nous sommes allés souper moi et Marianne. C’est que j’avais une promotion à célébrer, voyez, et elle avait besoin de se vider le cœur à propos d’un salaud.

Plus tard, j’ai reçu un message texte de Mike. « Merci ». 5 lettres que j’ai trouvé immenses, c’était super. Disons que je reprends espoir!

Vous dites? Le reste de ma soirée? Vous êtes des petits curieux vous, mes petits vlimeux.

Top 5 d’invités possiles à TLMEP

septembre 28, 2010 3 commentaires

C’était soir de rentrée pour Guy A. Lepage puisque la septième saison de Tout le monde en parle version Québec se mettait en branle. Au menu, une bien piètre brochette pour une première où mis à part Denis Villeneuve, rien ne m’attirait vraiment sur le panel d’invités. Et ce n’est pas en voulant donner de l’exposure au pélican Anne-Marie Losique qu’ils vont m’attirer.

Le concept me semble en perte de vitesse depuis un moment déjà, les mêmes invités reviennent, on nous sert à satiété Patrick Huard, Martin Matte et autres Louis-José Houde. On a parfois l’impression qu’ils ont fait trois fois le tour du bottin de l’UDA.

Voici donc mon top 5 de suggestions pour de nouveaux invités :

5 – Éric Duhaime : Je crois que je peux affirmer sans tromper qu’il s’agit sans doute du chroniqueur politique qui émerge le plus au Québec depuis 6 mois. On peut penser du bien comme du mal de ses opinions mais il reste que ça serait intéressant d’entendre un nouveau point de vue sur le système québécois et le clash entre la gauche de l’animateur et la droite de Duhaime pourrait être intéressant. Un peu pour les mêmes choses, hormis la présence de la droite, Mathieu Bock-Côté est un bon choix d’invité futur.

4 – Stéphane Guillon : Pamphlétaire et humoriste français, il est connu particulièrement pour ses chroniques tant à la télévision qu’à la radio. Je trouve que Guillon n’a vraiment pas son égal par ici, personne n’est incisif de la sorte, n’a autant de style, n’est aussi noir. Ici le vidéo d’une chronique particulièrement bijou diffusé sur France Inter au sujet de DSK.

3 – Pierre-Luc Gagnon : Skateboarder québécois natif de Boucherville, le gars a fait le tour du monde a plusieurs reprises au cours des dernières années pour aller participer à des compétitions. C’est une très grande vedette dans son milieu et il a un solide sponsorship en main. Je suis sur qu’il doit avoir des tonnes d’anecdotes très nices.

2 – André Arthur : Sans doute dans les cinq voix les plus marquantes à la radio au Québec, un genre de 35 ans à commenter l’actualité à la radio quotidiennement, témoin privilégié de l’histoire de Denis Lortie, désormais député fédéral. Je trouve qu’il serait intéressant de voir ce qu’il pense de la machine de l’intérieur.

1 – Fabrice Luchini : Acteur de cinéma mais surtout de théâtre français, Luchini est à mon sens génial. Cet homme-là est d’une éloquence folle, d’une érudition ahurissante, d’une acuité intellectuelle époustouflante. J’adore l’entendre en entrevue, je me laisse bercer par ce qu’il dit. À voir vraiment son entrevue où il parle du couple. C’est un des trucs les plus vrais que j’ai entendus depuis longtemps. Et quand il parle de son histoire, à la fin de l’entrevue, d’il y a une trentaine d’année, fuck, genre fuck en criss, je me reconnais dans ça, c’est touchant.

Zone sinistrée S01E02

septembre 27, 2010 7 commentaires

Ça doit bien faire deux semaines pleines que Mike vit dans notre salon. Deux semaines à maintenir une hygiène très approximative, à errer dans l’appartement, écouter V de 6 heures à minuit et manger des Maxis Fruits en buvant du rhum.

Vendredi passé, le salon était rendu une sacrée jungle. Alors que Mike allait squatter loger chez ses parents pour la fin de semaine, nous avons décidé de nous attaquer à sa tanière. J’ai pensé vous prendre quelques photos de l’antre en question.

Hier soir, au pool de hockey, il s’est grassement saoulé la gueule. Déjà en milieu de soirée, il titubait en gueulant fucking fort les louanges des Sabres de Buffalo. Durant les 6 dernières rondes du pool, il a décidé de se créer la Red Nation et il a repêché 6 estis de joueurs roux sans égard à leurs stats. C’était pas chic madame la marquise, je vous en passe un doux papier.

Aujourd’hui, il a callé malade au boulot. Il a installé Roller Coaster Tycoon sur son portable et il a, au dire de Carl, passé la journée à monter des parcs d’attractions sur son pc. Et là je décide que c’est suffisant.

Dans la dernière semaine, on a réussi à en savoir un peu plus sur ce qui s’était passé entre lui et Marie. Depuis quelques mois déjà, le bateau prenait l’eau à cause de la fausse couche. Et un soir, comme ça, dans toute la fatalité consommée de la vie, elle lui balance comme ça qu’il avait eu l’air soulagé quand elle l’avait perdu.

Elle ne le pensait pas, c’est sur. Tout comme il est évident que ça n’avait pas été un soulagement pour Mike mais bien une profonde affliction. Sauf que fuck, ça a été dit. Et ces moments créent des cassures, des paroles comme ça créent des ravins immenses.

Mais ça a suffisamment duré. Je me suis concocté un petit plan, on s’en reparle.

PigSkin Pool

septembre 27, 2010 1 commentaire

C’était notre soirée de pool de hockey ce soir. Semblerait que c’était la première d’Occupation Double alors tous les gars ont pu se libérer pendant que leurs blondes se réunissaient quelque part dans un salon pour bitch talker sur les robes des filles du show.

On s’est donc retrouvé une douzaine de gars dans mon appartement. J’avais acheté de la bouffe, fait des petites bouchées relayant aux oubliettes tout concept de virilité, acheté une quantité colossale de bières.

Les gars sont arrivés un à un, au rythme de leurs ponctualités variables. La plupart avaient amené leur portable, leurs guides de poolers achetés au dépanneur et leurs quelques notes griffonnées rapidement. On s’installe tranquillement, la première moitié au salon et la seconde dans la cuisine, chacun se targue d’avoir quelques joueurs obscurs en tête, certain de la victoire. Déjà, quelque gars se narguent, des side bets sont pris, l’argent sort des portefeuilles, des cotes sont calculées et des gagures sont notées. Personnellement, j’ai réussi à avoir du 1.5-1 pour un 80$ sur les Flames qui font les séries, je suis fier de ma shot.

Chacun s’était préparé. Pour ma part, j’avais passé plusieurs heures durant la semaine à lire des articles sur internet, scruter les divers blogues à travers la ligue, sonder les guides d’experts, analyser le système de pointage de cette année. Je m’étais fait une longue liste de joueurs avec un système de code, des numéros et des étoiles, des consignes gribouillées, des sélections surlignées. Avant les pools de hockey, je crois qu’il faut remonter à Géo de secondaire 4 pour me retrouver en train de souligner quelque chose.

En 1943, on découvre de la potasse en Saskatchewan lors de forages pétroliers.

J’écoutais la prof avec une avidité étudiée, surlignant en feignant d’être studieux, je voulais attirer l’attention de Marie-Andrée, l’ultra sexy bollée de notre année qui était assise au pupitre à ma droite. Ça n’avait pas fonctionné mais j’avais fini Géo avec 96% et la professeure a écrit dans mon album de finissant un an plus tard que j’étais celui que l’on veut tous comme enfant . Oui oui m’sieur dame.

Bref, la tension était tangible lors du tirage au sort. Le tout a fini par se mettre en branle. À tour de rôle, chacun annonçait sa sélection pour le tour. Après chaque annonce, quelques sacres sont lancés, des noms sont biffés, des boutades sont lancées. De ronde en ronde, nos équipes se constituent tranquillement, on commence à voir qui seront vraiment de la partie cette année.

Les choix deviennent de plus en plus difficiles, l’appartement est bien emboucané, la chaleur dégagée par les portables et les gens présents nous force à ouvrir les fenêtres. On parle fort, on crane, on se gratte la tête, on prend des risques audacieux et le fun.

Je suis plutôt satisfait de mon club. J’ai mis la main sur Steven Stamkos et Simon Gagné, j’ai bien l’intention de suivre les Bolts cette année. J’ai aussi P.K. Subban, ça promet!

Cela dit, notre pool n’équivaut en rien à celui du suave Marc Simoneau.

Catégories :Anecdote, Hockey

Top scandale

septembre 26, 2010 4 commentaires

J’écoutais le top des scandales de stars à Musimax tout à l’heure.

Au numéro 8, c’était Nicole Richie qui chauffait saoule en sens inverse sur une autoroute alors qu’elle était enceinte de 4 mois et qu’elle s’était déjà fait arrêter à de maintes reprises pour ivresse au volant et possession d’héroïne.

Au numéro 7, c’était Janet Jackson qui se montrait un sein au Super Bowl.

COME ON TABARNAC, C’EST QUOI VOS HOSTIES DE VALEURS.

Catégories :Uncategorized

Je suis la banalité d’un blogueur vaniteux

septembre 26, 2010 7 commentaires

Je suis une zone grise.

Je viens de rentrer, mon réveille-matin affiche 5 :00 d’un rouge vif troublant la pénombre feutrée de ma chambre. Je ne sais plus s’il est tard ou s’il est tôt. Je ne suis plus saoul bien qu’encore brouillon, mes idées ont la limpidité typique des esprits gentiment perclus par les relents d’alcool au petit matin. Je reviens d’une étrange soirée qui a débuté par une virée avec quelques gars de ma ligue de cosom.

Je suis le Mike Ribeiro des pauvres, je suis la solitude un samedi soir, je suis un coup d’épée dans l’eau, je suis la solitude tous les jours.

Nous sommes allés dans une boîte branchée : musique tonitruante, souliers à talons hauts, pantalons cigarettes, dents blanchies et rires jaunes. On se commande du fort avec ambition, buvons avec conviction, le beat est bon. On approche quelques filles avec désinvolture, rapidement nous sommes en bonne posture.

Je suis un imposteur, un espion de la guerre froide de la séduction. Je suis l’incapacité de dire non.

Je suis saoul et il y a cette fille qui me parle. Elle me dit que je ressemble à Hugh Laurie. « Eilllle, t’es pareil comme Dr. House toi. » qu’elle me susurre à 2 pouces du visage. Je suis saoul et il y a cette fille à 2 pouces de mon visage. Je l’embrasse sans vraiment réfléchir, tributaire de l’évidence du moment.

Je suis l’opportunisme moche, le nivellement par le bas. Je suis l’oubli de soi narcissique, la facilité. Je suis le Ringo Star du cul.

On prend un taxi pour aller chez elle. Arrivés, on commence à faire nos trucs et j’ai la tête qui tourne. Je suis gauche de ma droite queue, nos corps ont ces chocs toujours un peu grotesquement bruyants dans le silence que seuls quelques gémissements troublent. Je ris pour ne pas pleurer.

Je suis la vacuité du coït sans amour, l’ongle raclant un tableau. Je suis une infopub de déréliction, l’asservissement sous érections.

Après coup, elle s’allonge dans son lit tandis que je me promène nu dans sa chambre. J’agrippe une guitare qui traine puis m’assois sur un fauteuil placé en biseau dans le coin de la pièce. Lentement, je joue les quelques chansons que je connais. D’une voix rendue rocailleuse, j’ai chanté Wild World, Wonderwall et Salut les amoureux. J’ai ensuite vu qu’elle s’était endormie, je me suis donc rhabillé et j’ai quitté.

Je suis la routine, je suis une histoire qui ne s’écrira pas, je suis l’invisibilité de la normalité.

Dehors, j’ai marché les vingt minutes de distance qui séparaient nos appartements. Il pleuvait abondamment et je ne portais qu’un léger pull sur ma chemise rendue froissée. Je sentais l’eau pénétrer dans mes espadrilles, me couler dans le milieu du dos. J’écoutais de la musique en marchant nonchalamment, me laissant assaillir passivement par la pluie.

Je suis le pécheur en plein Jourdain, je suis l’apaisement qui ne viendra pas.

J’enfile ma clé dans la serrure avec difficulté, entrouvre la porte en tentant d’être silencieux. Je me déshabiller à nouveau et lance mes vêtements chargés d’eau dans le fond de ma chambre. Je regarde mon cadran, il est 5 :00. Je m’affaisse dans mon lit en tendant les bras vers mon portable puis commence à écrire quelques lignes en grelottant tandis que dehors, quelques oiseaux commencent à gazouiller.

Je suis la confusion d’un texte au petit matin, l’insomnie malheureuse.