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Archive for octobre 2010

Mes amours platoniques

octobre 31, 2010 6 commentaires

Je suis retombé sur cette scène des Invasions barbares où le personnage de Rémy Girard parle des cuisses d’Inès Orsini, des rivières de sperme qu’il a répandues en y rêvant.

Tout ça me fait penser à mes amours platoniques. Je me souviens, la première fois, c’était tard, un soir de 1997. J’avais écouté Good Will Hunting et étais tombé follement amoureux de l’accent de Minnie Driver.

C’est un peu à la même époque que j’ai eu un immense béguin pour Karine Vanasse qui coanimait alors Les Débrouillards avec Grégory Charles. Je me souviens que j’avais hâte de voir qui étaient ses complices de la semaine pour savoir si Karine y serait.

Puis il y a eu Jena Malone dans Donnie Darko, ce fut sans doute mon amourette platonique la plus adolescente et fiévreuse. Il y a eu la ténébreuse Hilarie Burton qui jouait dans One Tree Hill sur CW, c’était secret elle et moi.

J’ai aussi aimé Scarlett Johansonn. Dans Match Point, un mercredi après-midi off, que je vais voir tout seul le film au Clap, elle avait un tel sex appeal qui émanait d’elle, j’étais devenu trop émoustillé pour manger mon pop corn. Elle m’a refait le coup dans Vicky Christina Barcelona.

Mon plus puissant coup de foudre, c’est avec Maggie Gyllenhaal que je l’ai vécu. J’étais avec ma blonde d’alors et il y a cette scène où Will Ferrell joue Whole While World à la guitare et Maggie s’empare de lui. Il s’est produit quelque chose à cet instant, je vous le dis, j’avais l’impression de tromper la fille assise à côté de moi. Je ne sais pas si c’était la chanson, le tatouage de Gyllenhaal, je sais jusque que ma moelle s’est électrisée.

Et j’ai réécouté Fight Club il y a quelques jours. Je vous confirme que moi et Helena Bonham, c’est du solide. On jouera Where is My Mind des Pixies à notre marriage. Oui oui. Je vous enverrai peut-être des faire-part.

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Première balade hivernale

octobre 31, 2010 3 commentaires

Il a neigé quelques flocons cette nuit. J’étais dans ma chambre à écouter un film, emmitouflé sous ma couette, lorsque j’ai aperçu la neige qui tombait féériquement par la fenêtre. Depuis que j’ai 3 ou 4 ans, la première neige est sans doute un de mes moments favoris de l’année.

J’ai donc mis mon film sur pause, me suis rhabillé et suis allé marcher dehors. Déjà, les voitures garées dans la rue étaient recouvertes d’un blanc duvet, les feuilles d’érable qui jonchent le sol étaient ensevelies par la neige qui tombait majestueusement d’un ciel bien noir.

J’ai marché pendant plusieurs minutes en écoutant La Mer de Trenet. C’était la chanson favorite de mon défunt grand-père, celle qu’il faisait toujours jouer lorsque nous allions lui rendre visite. Elle me rappelle les réveillons à Saint-Malachie, moi et mes cousins qui faisons des forts durant l’après-midi en attendant de déballer nos cadeaux en soirée.

Et tandis que j’écoutais La Mer pour une dixième fois de suite, je me suis penché pour ramasser un peu de neige. Méticuleusement, je l’ai nettoyé, enlevant les quelques brindilles et roches que j’avais récoltées avec le lot. Puis j’ai entrepris de la compacter avec soin. La confection d’une balle de neige est une science de nuances. Il importe qu’elle soit bien sphérique, il faut la compacter juste assez, mais pas trop. Car une balle trop dure explosera avec moins d’élégance, dans un impact plus sourd, comme un feu d’artifice mouillé.

Une fois ma balle à mon goût, je m’amuse à me la lancer d’une main à l’autre, à la soupeser, à la sentir lentement fondre lorsque je la presse contre la chaleur du creux de ma main. Je regarde autour de moi, à la recherche d’une cible invitante. Soudainement, un arrêt-stop un peu plus loin m’interpelle.

Je fais quelque pas, prends le temps de mesurer la distance avec soin, analyse la provenance de la légère brise qui porte les flocons et je m’élance. Jeune, je tripais grave sur Randy Johnson, l’immense lanceur gaucher de 6’ 10. J’aimais sa motion plus latérale que la norme, sa balle glissante d’une élégance folle. Alors je me suis élancé, un peu comme le faisait The Big Unit, et j’ai suivi la trajectoire de ma balle des yeux. Je la regardais filer à grande vitesse lorsqu’elle a frappé le panneau de signalisation, explosant avec fracas sur le deuxième R, laissant quelques traces blanches sur le panneau rouge vif.

Et à cet instant précis, comme le gamin que je suis, j’ai souri comme il y a longtemps que je ne l’avais fait.

Bon hiver à tous.

Catégories :Anecdote

Do, date or dump #6

octobre 29, 2010 9 commentaires

Régulier comme un métronome brisé.

Mesdames: Garou, Mario Pelchat, Sylvain Cossette.

Messieurs: Céline Dion, Isabelle Boulay, Marie-Chantale Toupin.

Parce que ça ne peut pas toujours être facile. Allons jeunes gens.

Catégories :Do date or dump

J’aurais voulu être un homme

octobre 27, 2010 12 commentaires

 

J’aurais voulu être un homme. Quand j’étais petit moé, je voulais devenir un homme, j’tais de même. Aujourd’hui, quand je regarde la télévision, la publicité, je suis obligé d’arriver au constat que j’ai échoué.

Parce que tout le monde sait qu’un vrai homme, c’est à ses biceps qu’on le reconnait. La virilité se mesure à la circonférence de la veine qui nous passe dans le front quand on benche. J’aurais voulu être un véritable homme pour pouvoir porter des gilets serrés et exhiber mes pectoraux.

C’est connu que le mâle, ça roule en Civic modifié en écoutant Edward Maya sur un gros sob acheté à grands coups de Visa. Un shaft dominant, un ultime, ça brûle les feux rouges, ça dépasse par la droite, ça colle au cul. Criss, c’est avéré que la route, c’est fait pour montrer qu’on est des estis de tough. Je n’ai pas encore réussi à appliquer ça au quotidien.

L’attitude du vrai homme, ça se démontre en crachant constamment, en sacrant pour ponctuer ses phrases, en se dénudant entre hommes autour d’un barbecue. La camaraderie entre vrais mâles, ça se démontre en se frappant torse contre torse, en se backant sur le bench press, en se partageant la même fille dans un trip à trois.

Un ostie de mâle,  ça mange du steak 7/7, ca prend des shakes de protéines et d’la p’tite red. Une vraie graine, ça boit de la bière au déjeuner pis ça pisse la porte ouverte. Pour un vrai homme, une personne qui se raffine, c’est une fille qui se fait poser des tabarnacs de boules.

Les vrais gars, ça va veiller aux danseuses le vendredi soir et ça baise la collègue de bureau dans le dos de sa blonde. Parce qu’un homme, plus il baise de filles en parallèle, plus il a une queue alpha.

AH SI SEULEMENT J’AVAIS PU ÊTRE UN HOMME.

Catégories :Échappé, Opinion

Ce qu’il y avait avant les filles

octobre 26, 2010 3 commentaires

C’est ce soir que nous avons démarré le chauffage. Après quelques semaines à se promener en bas de laine et en ouaté, comme j’aimais le faire lorsque j’étais tout petit, j’ai donné une bonne swing à la roulette du thermostat et quelques instants plus tard, une petite chaleur émanait déjà du calorifère. Je me suis approché une chaise et me suis assis avec Salinger pour profiter de l’air chaud. Par la fenêtre, je pouvais voir 3 gamins qui jouaient au hockey dans la ruelle. Il y avait un petit gardien qui déjà avait un style un peu papillon, un grand maigre au tir des poignets fulgurant et un troisième avec un cardio immense. Tout ça me replonge dans ma vie de p’tit gars.

On est en 95, 5e année, genre. Pas mal tout le monde dans la cour de récré portait des pantalons qui se snappent sur le côté de la jambe. Les gars avaient des calottes et tout le monde savait qu’une vraie calotte, ça a 6 coutures sur la palette. On jouait au Super Nintendo et Pierre Turgeon était le capitaine du Canadien.

Je me tenais pas mal avec le grand Turcotte. C’était un des gars que je trouvais le plus cool parce qu’il sacrait et avait une Game Boy. Je le laissais copier mes devoirs de maths dans la bus le matin et en échange, il me donnait des cigarettes.

Ce qui était cool aussi avec Turcotte, c’est qu’il était déniaisé pas mal. Une fois, il m’avait parlé d’une vidéo cassette qu’il avait dans son sous-sol. « Y’a une fille qui fait une pipe » qu’il m’avait dit, les yeux grands. Je me souviens encore très très bien de ma mère qui s’étouffe au souper le soir même quand je demande qu’est-ce que ça veut dire faire une pipe. « Veux-tu ben m’dire oussé qu’tu prends ça des affaires de même? » qu’elle avait répondu.

Plus tard en soirée, mon grand frère m’avait interpelé :

–          Hé Jay!

J’avais été le rejoindre dans sa chambre.

–          M’a te le dire moi c’est quoi faire une pipe.

–          Ah ouin? Dis-moi-le si t’es si fin.

–          C’est quand la fille met ton pénis dans sa bouche.

–          C’est ben trop dégueu.

–          Ben non niaiseux. Asteur que tu sais, en ouaille, scramme.

J’étais pas mal ami avec Arnaud Tremblay aussi. Arnaud avait une fichue gueule. Une fois, Karine Beaudoin, la fille la plus hot du primaire, la seule qui avait des seins, lui avait demandé s’il voulait sortir avec elle. Il avait répondu qu’il n’avait pas le temps, qu’il avait besoin de toutes ses récrés pour se pratiquer, pour faire avancer sa carrière au ballon chasseur. C’était ça Arnaud Tremblay, un homme déterminé.

Dans la cour d’école, les filles se tenaient à l’Ouest. Elles jouaient à la corde à danser, se balançaient, parlaient en petits groupes. À l’Est, on jouait au drapeau, au diamant et au ballon chasseur. Et quand on mourrait, on allait sur les lignes de côté pour s’échanger des cartes de hockey, transigeant nos Upper Deck dans le capitalisme le plus sauvage qui soit.

Gars et filles ne se parlaient pas vraiment. C’était deux groupes plutôt distincts et hermétiques l’un à l’autre.

Et puis il y avait eu le party d’Halloween dans le sous-sol du gros Vézina. On avait joué à la bouteille. Depuis ce jour, je pense aux filles tout le temps.

Tout le temps.

Catégories :Anecdote

Jogging et télécrans

octobre 25, 2010 2 commentaires

À l’intérieur de l’appartement de Winston, une voix sucrée faisait entendre une série de nombres qui avaient trait à la production de la fonte. La voix provenait d’une plaque de métal oblongue, miroir terne encastré dans le mur de droite. Winston tourna un bouton et la voix diminua de volume, mais les mots étaient encore distincts. Le son de l’appareil (du télécran, comme on disait) pouvait être assourdi, mais il n’y avait aucun moyen de l’éteindre complètement.

George Orwell, 1984

Voilà bientôt 6 mois que je cours. Au début, c’était un fardeau. Ensuite, c’est devenu une routine. Et maintenant, c’est un plaisir. En ce sens, on pourrait dire que la relation avec le jogging évolue inversement à celle avec une femme.

Depuis quelques semaines, j’ai commencé à courir un peu plus tard. Vers 10h30, 11h00, j’enfile un vieux ouaté à capuchon et ma tuque de laine, je m’insère dans mes espadrilles encore rutilantes et je barre la porte derrière moi en m’enfonçant dans l’obscurité bien entamée.

Lentement, je m’étire, prenant soin de délier avec attention les muscles que j’entends solliciter. Le triceps sural saillant, je furète dans mon cellulaire à la recherche de la chanson pour me crinquer. Depuis une semaine, c’est Ghostwriter que j’écoute en boucle et à chaque fois, à 1 min 32, je ne suis plus garant du contrôle de mes gamètes.

Réchauffé, je coupe le son de la musique pendant quelques instants, le temps de faire quelques premiers pas. Je porte attention au bruit du contact entre le bitume et la semelle encore froide de mes espadrilles. Je prends plusieurs grandes bouffées, je goûte l’air nocturne. Et puis je remonte le volume de ma musique et accélère le pas.

Au début, les foulées sont irrégulières, le souffle plus difficile et le cœur récalcitrant. Puis on parvient à trouver son rythme, son beat. Et quand tu tiens ton beat, c’est là que ça devient une expérience de courir.

J’arpente mon quartier, le pas léger. Je trotte entre les pâtés de maisons où sommeillent déjà plusieurs personnes. J’aime le calme plat qui règne, comme si la vie se tamisait.

J’en profite pour regarder mon voisinage, pour l’observer en galopant. Je suis toujours frappé par toutes ces télévisions ouvertes. Par les fenêtres, j’aperçois l’éclat des téléviseurs qui projettent le visage de Denis Lévesque en close-up ou l’éclat bleuté de la glace du Centre Bell à Canadiens Express.

Je slalome parmi les insomniaques dans leurs fauteuils. J’aime la caresse aguichante de la sueur qui perle sur mon dos, la brulure galvanisante de l’oxygène qui transite avec fougue dans mes poumons, la clarté d’esprit hallucinante qui me frappe.

Et après avoir englouti quelques kilomètres, mes pieds me ramènent chez moi. Je prends le temps de marcher quelque peu puis j’étire à nouveau les muscles que je sens contractés par l’effort. Je monte ensuite les marches de mon appartement et me dévêtis en marchant dans le corridor qui mène à la salle de bain. Je m’introduis dans la douche où j’ajuste la température de l’eau avec un soin chirurgical. Lorsque c’est à point, je me laisse submerger quelques minutes, dans une extase intense.

Finalement, je m’installe sur mon lit où j’écris quelques mots en pensant à tous ces gens qui encore à cette heure sont dans leur salon, assis devant leurs télévisions.

Catégories :Objectif 5

Être difficile

octobre 25, 2010 1 commentaire

Carl: Je ne suis pas difficile. J’ai peu de critères mais ça adonne qu’ils sont rarement remplis.

Jérome: Quelle esti de bullshit!

Carl: Va chier.

Jérome: FUCK YOU.

Catégories :Quickie