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Archive for the ‘Dans ma tête’ Category

La soirée de la séduction

décembre 17, 2010 8 commentaires

Musique tonitruante, éclairages vifs, animations futuristes, recap vidéo de la semaine dernière.

Paul: Mesdames et messieurs bonsoir. En mon nom personnel et au nom de tous mes collègues, permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue à cette nouvelle édition de La Soirée de la séduction. Bonsoir Bernard.

Bernard: Bonsoir Paul.

P: Alors Bernard, c’est ce soir qu’a lieu le retour au jeu du fameux Jérôme Lemaire.

B: En effet Paul, après un retrait momentané de la compétition, Lemaire a reçu le feu vert de son for intérieur et décide d’effectuer un retour fort attendu sur la surface de jeu.

P: Ce qu’il faut savoir, c’est qu’il s’était lui-même placé sur la liste des blessés pour, disait-il, panser une blessure à l’orgueil. Si tu le veux bien Bernard, analysons le joueur en question.

B: Jérôme Lemaire, 6 pieds 3, 185 livres, originaire de la Rive-Sud de Québec. On dit de lui qu’il n’a pas le physique le plus avantageux mais il fait les petites choses qu’un entraîneur aime bien voir. Bon sens de la répartie, culture générale honnête et humour déglingué. On lui reproche cependant de rarement fournir le deuxième effort.

P: Là-dessus, mesdames et messieurs, bon spectacle! Dès le départ, Lemaire se dirige vers le bar où il commande quelques shooters de téquila. Un de ses amis lui intime de les caller, Lemaire qui s’élance… et c’est réussi!

B: Wow Paul, tout un début de match pour Jérôme qui semble déterminé. Il faut dire qu’on lui souhaite au moins un numéro de téléphone, lui qui a été blanchi à ses trois dernières sorties.

P: Le voilà qui s’avance vers la piste de danse d’un pas mal assuré. On sent qu’il est encore rouillé de sa blessure et qu’il lui faudra quelques minutes encore avant de retrouver son synchronisme.

B: Il faut dire que Lemaire évolue ce soir à l’étranger en ce bar, lui qui est définitivement plus performant à domicile. Voyons voir quand même s’il saura produire quelques étincelles à sa première présence sur le jeu.

P: On le voit qui tente de générer de l’offensive, il se place dans l’enclave et joue du coude mais fait face à une défensive, ma foi, fort hermétique. Oooh, et le voilà qui retraite aux tables de billard où quelques coéquipiers l’attendent. Nous en profitons donc pour faire une pause en vous rappelant que La Soirée de la séduction est une présentation des condoms Lifestyle.

 

P: Alors de retour, Bernard, tandis que Jérôme Lemaire demeure sur les lignes de côté.

B: Effectivement Paul, on l’a senti un peu secoué par une première présence, disons-le, peu fructueuse. Écoute, ce n’est pas évident pour Lemaire qui présente une fiche de 2-11 à ses 13 dernières sorties, lui qui a un pourcentage d’efficacité de .289 en carrière. Je pense qu’il doit avant tout revenir à la base et revoir son exécution.

P: En effet, on se souviendra de lui à son année recrue chez les professionnels à 18 ans alors qu’il avait très bien performé sur un circuit plutôt compétitif. On le sent aujourd’hui bien loin du joueur qu’il était jadis.

B: Mes contacts dans la ligue me disent qu’on chuchote qu’il ne souhaiterait que prendre sa retraite, qu’il cherche ardemment une coéquipière pour mettre fin à sa carrière.

P: En attendant, Lemaire semble vouloir se faire désirer. Nous irons donc à nos commanditaires en vous rappelant notre prochain rendez-vous, notre soirée spéciale party de bureau.

 

P: Heureux de vous savoir encore avec nous tandis que Jérôme Lemaire a finalement décidé de contre-attaquer. Habituellement peu reconnu pour son jeu robuste, il semble déterminé à travailler fort dans les coins du dancefloor. Après quelques feintes hasardeuses, il risque une approche.

B: J’ignore ce qui s’est dit aux tables de billard durant l’intermission Paul mais c’est un nouveau Jérôme que l’on peut voir alors qu’il fait flèche de tout bois, lançant regards soutenus après regards soutenus, se déhanchant avec entrain. On sent vraiment qu’il a laissé ses inhibitions de côté, se dédiant enfin à la cause.

P: On peut apercevoir les coéquipiers de Lemaire qui célèbrent l’attitude renouvelée de leur poulain. Il y a longtemps qu’on n’avait pas ressenti pareil enthousiasme chez les partisans moribonds de Lemaire qui avaient perdu espoir dans les dernières semaines en voyant leur protégé se désintéresser complètement de la séduction.

B: En effet, je me souviens des propos qu’avait tenus son coloc lors d’une entrevue récente à l’Antichambre-à-coucher où il affirmait que Lemaire semblait vouloir être seul.

P: Au grand désarroi de ses amis qui le pressait de revenir au jeu, ai-je besoin de le rappeler Bernard.

B: Bon point Paul.

P: En tout cas, une chose qui est sûre, c’est que Lemaire offre enfin une performance convaincante, il se trémousse contre une fille et oh! il la frenche. Pour la première fois depuis longtemps, Jérôme Lemaire pourrait prétendre à une présence en prolongation. On le voit qui lentement quitte la surface de jeu, accompagné. Nous lui souhaitons donc du succès.

B: Décidément à suivre dans les bulletins demain matin.

P: Quant à nous, c’est tout pour aujourd’hui, en vous rappelant la marque finale: Lemaire quitte le bar accompagné.

 

Générique de fin.

 

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Catégories :Dans ma tête, Délire

Dans ma-tête-mathique

décembre 15, 2010 5 commentaires

Au CÉGEP, après les cours de langue, c’étaient ceux de mathématiques que je préférais. J’aimais beaucoup la logique implacable des chiffres, l’impérialisme froid d’une équation, le ludisme des nombres imaginaires ou la sexyness d’une intégrale triple.

Dans la vie de tous les jours, je calcule incessamment. Sur l’autoroute, je fais des interpolations linéaires pour déterminer mon heure d’arrivée, je choisis mes soirées en fonction d’espérance de plaisir, évite des restaurants puisque j’estime la variance de la qualité trop haute.

Je ne marche pas en diagonale, je marche en hypoténuse et je juge en criss le monde qui se déplace en cathètes parce que fuck, man, après Francis Reddy, Pythagore c’est mon idole.

Parfois, quand je me sens perdu, je me dis que je suis une abscisse qui cherche son ordonnée, que j’ai besoin de revenir à l’origine. Cartésien pis cheesy de même le gars.

Je pense à l’amour et aux filles avec une approche probabiliste, mes supposés critères s’entremêlant de façon bayésienne et je me trouve un peu puéril d’être à un théorème central limite mal chié de la déprime.

Dans ma tête, j’ai ma fonction multivariée du bonheur et j’essaie fort de l’optimiser sauf que je ne sais pas si je devrais faire ma dérivée partielle sur l’argent, l’amour ou le cul.

Et puis ça, c’est un esti de drame.

Catégories :Dans ma tête

L’appel que je ne recevrai jamais

novembre 17, 2010 12 commentaires

Oui? Jérôme? Euh salut, euh… c’est ton père. Ouais ben, euh, écoute, j’ai parlé à ta mère pis elle m’a dit là, pour ta job là, que tu laissais ça là pis toute. Écoute mon gars, j’pas bon pour parler pis ces affaires là mais j’voulais rien qu’te dire que j’t’appuyais là d’dans.

J’t’apprends surement rien mon gars si j’te dis que j’ai toujours haïs ma job. Je l’sais c’est quoi se lever l’matin criss pis trouver ça lourd à chaque fois. J’men viens vieux pis j’réalise ben que j’ai laissé ça empoisonner ma vie. Si j’bois à tous les soirs depuis 20 ans, c’ta cause de ça, de c’te crisse de job là. Faque quand j’ai su que toi, tu l’faisais ton move, ben ça m’a soulagé.

Parce que j’veux pas que tu finisses comme moé, saoul mort toué soirs. Un jour mon homme, j’te souhaite d’avoir des enfants pis d’être heureux dans c’que tu fais. Pour toé mais pour eux aussi. Parce que je le sais qu’à cause de ça j’ai pas été un bon père. Si tu savais comme j’trouve ca rough quand j’y pense, ça m’ronge par en d’dans.

J’pense à quand t’étais jeune pis j’pouvais pas aller t’voir jouer au baseball le samedi après-midi parce que j’tais d’jà chaud raide pis parce que j’avais honte de moé aussi. Ou ben à la fois où t’avais été nommé meilleur étudiant d’l’école au gala Méritas pis pendant s’temps là j’ronflais fort dans salle parce que j’tais ben rond. J’te l’ai jamais dit mais le lendemain, j’t’allé faire une photocopie du certificat que t’avais mis dans ta chambre pis je l’ai collé dans mon casier à shop.

Tu devrais m’voir quand j’parle de toé au gars d’la job. J’te l’ai jamais dit criss, j’pas bon pour ça, mais j’suis fier de toé. J’te vante à tout l’monde, j’ai un fils brillant pis souvent j’me sens triste d’avoir rien eu à voir là d’dans. J’leur dis depuis toujours que mon gars c’est vraiment quelqu’un, qu’un jour y va faire quequ’chose de grand.

J’veux juste te dire que peu importe c’est quoi ce quequ’chose, ce que tu décides de faire asteur que tu lâches ça ce job là, ben j’t’appuie. J’t’appuie parce que j’t’aime mon gars pis j’ai confiance en toi.

 

Catégories :Dans ma tête, Entourage